Plectrude est pour le moins une petite fille singulière : charisme décalé, résultats scolaires médiocres mais talent inouï de danseuse, elle parvient à passer du statut de simplette à celui de génie, sans effort particulier. Par la suite, elle intègre une école de danse classique... et c'est le début d'une lente chute en Enfer.
[Prière de ne pas taper trop fort...]
Amélie Nothomb est l'une des romancières les plus célèbres de la littérature contemporaine.
Personnellement (ce que je vais dire est tellement subjectif que, comme je le fais parfois, je préfère laisser tomber les formalités...), j'ai du mal à comprendre pourquoi. J'ai surtout vu en Robert des noms propres un roman rapidement déballé, où le développement est tellement absent qu'on pourrait le confondre avec un résumé. Apparemment, elle a essayé de reproduire un esprit de quotidien, mais c'est tellement tordu que c'est difficile d'y croire (et le pire c'est de penser que Plectrude est une personne bien réelle !)... Ce n'est pas inintéressant, il y a même des passages prêtant à sourire (je n'irais pas jusqu'à les appeler « drôles»), mais pour le reste le texte n'a rien d'exceptionnel. Les phrases sont assez simplistes, sans tournures travaillées ni vocabulaire recherché, et ne servent même pas un rythme à suspens. Quant à la subtilité, elle est absente : Amélie Nothomb est du genre à décrire plutôt qu'à montrer, contrairement à Xiao Hong, évoquée un peu plus bas. Les personnages eux-mêmes sont tous très ordinaires, même effacés, en dehors de Plectrude. Certains thèmes comme l'anorexie auraient pu servir le roman pour peu d'être exploités un minimum, mais ce n'est pas le cas du tout.
Bref, je me suis ennuyée en lisant. Evidemment, là comme partout, ça ne tient qu'à moi.
Extrait
Ce n'était pas exprès qu'elle répondait des énormités aux questions des professeurs : son seul choix était de ne plus se contrôler. Désormais, elle se laisserait aller, elle dirait ce que sa pente intérieure de cancre lui dicterait, ni plus ni moins. Le but n'était pas d'attirer l'attention (même si, pour être sincère, cela ne lui déplaisait pas) mais d'être rejetée, renvoyée, expulsée comme le corps étranger qu'elle était.
Le reste de la classe l'entendait proférer des monstruosités géographiques (« le Nil prend sa source dans la mer Méditerranée et ne se jette nulle part »), géométriques (« l'angle droit bout à quatre-vingt-dix degrés »), orthographiques (« le participe passé s'accorde avec les femmes sauf quand il y a un homme dans le groupe »), historique (« Louis XIV devint protestant quand il épousa Edith de Nantes ») et biologique (« le chat a les yeux nubiles et les griffes nyctalopes ») avec admiration.
Admiration du reste partagée par la fillette elle-même. En effet, ce n'était pas sans un étonnement extatique qu'elle s'entendait dire de telles bourdes : elle n'en revenait pas de contenir tant de perles surréalistes et prenait conscience de l'infini qui était en elle.
Robert des noms propres
Amélie Nothomb
Albin Michel
Extrait pp. 99-100
Sur ce, je vais maintenant vous dévoiler la vraie raison pour laquelle j'ai eu envie de lire ce livre, et par la même occasion rétablir une vérité fort injustement ignorée. Robert des noms propres d'Amélie Nothomb est en fait une fiction directement inspirée de la vie de Robert, artiste indépendante ayant derrière elle une carrière longue de déjà dix-sept années.
Alors qu'elle rêvait de devenir danseuse, Robert a vu son rêvé brisé à cause d'un problème articulaire aux pieds. Devenue comédienne, elle décide de se consacrer à la chanson en 1989, avec l'appui de son époux Mathieu Saladin, un parolier de génie. A la fois auteur est compositeur, Robert est une chanteuse à la voix naturellement cristalline, qu'elle ne force jamais. Ses textes évoluent dans un univers à la fois poétique et tragique, parfois absurde, où l'amour est souvent étroitement lié à la mort et l'enfance à la douleur. Elle évoque aussi fréquemment les contes de fées, souvent avec une connotation métaphorique.
Robert est également une très proche amie d'Amélie Nothomb, avec qui elle a correspondu quotidiennement par fax durant plus de deux ans. Robert ayant confié sa vie à Amélie pour Robert des noms propres, celle-ci lui a prêté sa plume pour plusieurs chansons et a cosigné avec elle son troisième album, Celle qui tue, sans doute le meilleur mais aussi le plus sombre, un véritable ovni dans le paysage musical français.
Artiste peu médiatisée, Robert remporte un succès d'estime en France, en Belgique et surtout au Japon.
Un certain nombre de ses chansons peuvent être comprises grâce à Robert des noms propres, notamment Pour moi (l'amour adolescent de Robert pour Mathieu Saladin), le chant des sirènes (sa reconversion de danseuse en chanteuse, adressée à sa mère), Maman (également adressée à sa mère, cette chanson évoque la beauté physique et le rejet), ou encore Requiem pour une s½ur perdue (relative à la fin du roman, chanson dans laquelle Amélie Nothomb cite son propre nom).
Les liens que j'ai mis renvoient aux paroles des chansons en question.
Liste de ses albums
Sine (1993)
Princesse de rien (1997)
Celle qui tue (2002)
Unutma (n'oublie pas) (2004)
Six pieds sous terre (2005)
Princess of nowhere (2007)
Quelques liens pour l'écouter...
Colchique, mon amour [clip] (une chanson que j'admire beaucoup car elle parle du sida...)
Celle qui tue [live]
Le prince bleu [clip, duo avec Majandra Delfino]
Six pieds sous terre [clip réalisé par un fan]
Nature morte [clip réalisé par un fan]
Princesse de rien [clip]
Voici l'adresse d'un blog qui vous permettra d'admirer d'autres vidéos :
http://princesse-robert.skyrock.com
