126- La création du monde *

126- La création du monde *
Voici un petit livre qui rassemble trois récits de la création du monde : la première selon la civilisation babylonienne, la seconde selon les traditions judéo-chrétiennes tandis que la troisième offre la version islamique. Trois légendes pour une même histoire, élaborées à des époques qui se perdent dans la nuit des temps, plus riches de passé que toutes autres, chacune née de la précédente et mises côte-à-côte dans un bel exemple de fraternité. L'occasion de mettre en évidence les nombreux points communs de trois idéologies qu'en apparence tout oppose sans vraie raison, puisqu'en réalité tout les rapproche.

On peut féliciter l'auteur pour sa documentation très poussée dont témoignent les nombreuses notes en bas de pages (particulièrement intéressantes), ainsi que pour la synthèse qu'il a essayé de faire de nombreux textes qui à l'heure actuelle ne s'accordent pas toujours entre eux, pour nous offrir des versions les plus cohérentes possibles, pas forcément les plus connues, du reste. Une lecture un tant soit peu attentive permet de mettre en évidence des ressemblances entre toutes les mythologies du monde, même celles qui n'apparaissent pas dans le recueil comme la mythologie grecque.
L'auteur dévoile également une nouvelle facette de son écriture, entièrement dédiée aux récits légendaires qui requièrent un style particulier. Le lyrisme de Tristan et Iseut ou d'Antigone 256 cède le pas à une sobriété tout aussi poétique et talentueuse.
Ce recueil très intéressant ne peut être qu'un enrichissement, à condition bien sûr d'avoir l'esprit un minimum ouvert.

Extrait

Pendant ce temps, Ea s'installait dans ses nouveaux locaux et régnait sur son domaine.
Il savourait sa victoire et se prélassait en prenant du bon temps, avec Damkina, son épouse. Un fils naquit bientôt. Un enfant de la victoire, d'nue force et d'une taille exceptionnelles. Sa naissance à peine connue, la famille et les amis se précipitèrent pour l'admirer. Il étincelait comme dix soleils et cinquante éclairs terribles jaillissaient de son visage. En comparaison, le corps de lumière des dieux paraissait bien pâlichon.
Portrait craché de son père, il possédait les mêmes dons, avec en plus des qualités particulières. Par exemple, il ne fut jamais enfant. Il n'eut jamais à grandir, à apprendre, à se former. Il vint au monde déjà grand, savant, prêt à briller. Ses yeux étaient pénétrants. Il en avait quatre. Quatre oreilles aussi, braquées vers quatre horizons différents. Il voyait tout, entendait tout : les murmures, les chuchotements, mais aussi les pensées, les intentions...


La création du monde
Jacques Cassabois
Hachette Jeunesse – Le Livre de Poche
Extrait pp. 27-28
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# Posté le samedi 22 décembre 2007 14:34

Modifié le samedi 22 décembre 2007 14:45

125- Final Fantay XI - le chant de la tempête **

125- Final Fantay XI - le chant de la tempête **
Hum... Je suis en train de sécher sur la composition du résumé du chant de la tempête. Le fait est qu'il n'y a pas de véritable intrigue, en fait : le héros rencontre Iris et Max, ils restent ensemble et se déplacent du point A au point B, là ils rencontrent d'autres personnages, puis se déplacent à nouveau mais cette fois du point B au point C... Donc soit je vous raconte l'histoire, soit je m'arrête là en vous présentant mes plus plates excuses de ne pas réussir à faire mieux.
D'ailleurs je n'arrive même pas à comprendre le titre. Pourquoi le chant de la tempête ? Il n'y a là-dedans ni chant ni tempête, j'ai pensé avant de lire que c'était peut-être le nom d'un sort ou d'un projet, mais même pas. Ou alors c'est lié à une subtilité du jeu de base que j'ignore, dans ce cas si quelqu'un la sait, je le remercie d'avance de me l'expliquer.

Donc, vous le comprenez d'entrée de jeu : sans être désagréable ou foncièrement mauvais, ce roman n'a pas grand chose pour lui, pas même un vrai scénario.

Le texte en lui-même comporte un certain nombre d'étrangetés, à commencer par des noms de créatures en anglais ; pourquoi « stone eater » qui dépareille totalement, alors qu'on pourrait facilement transcrire
« mangeur de pierre » ? C'étaient peut-être les noms choisis dans la VF des jeux vidéos, dans ce cas je peux comprendre le choix de ne pas les avoir traduits non plus dans les romans ; dans tous les cas, ils étaient sûrement en anglais aussi dans la version japonaise originale, mais n'empêche, littérairement parlant c'est moche.
Les noms de lieux sont tout aussi dépareillés : certains ont des consonances de fantasy européenne, tandis que d'autres sonnent clairement allemand ou ibérique. Ça peut donner une idée des différentes régions du monde de Vana'diel, mais l'impression résultante est surtout celle d'un joyeux patchwork. Impression encore renforcée par les ellipses des déplacements de nos héros, qui auraient pu expliquer la transition.
Quant au style, il est peu travaillé, composé de phrases simples et appondues les unes aux autres sans grande fluidité. A certains endroits, on peut remarquer de véritables concentrés de répétitions, mais pas partout, curieusement... Quelques problèmes aussi au niveau de l'usage des points de vue, pas toujours logiques, allant même jusqu'à l'incohérence dans certains passages.

Les personnages n'ont pas été davantage recherchés, ils sont peu travaillés et correspondent juste aux héros sans personnalité qu'on peut voir dans les jeux vidéos (bah oui, parce que la personnalité du héros de jeu vidéo est celle du joueur donc forcément). Ils n'ont notamment pas de passé, à l'exception d'Iris et encore c'est plutôt mal introduit et stéréotypé.
Parlons-en, des stéréotypes ! De la part d'un univers de RPG il fallait s'y attendre, il n'en reste pas moins qu'il est revu au possible, simpliste et manichéen. On aurait néanmoins pu s'attendre à certaines subtilités, à des développements comme un enrichissement politique, des visions de jeux de pouvoir, des explications sur le fonctionnement des machines ou sur l'élevage des chocobos, mais rien du tout ! De plus, de nombreux noms de peuples sont évoqués sans aucun développement, ce qui ne mène nulle part.
Les personnages principaux, pour en revenir à eux, souffrent de la même carence ; on les distingue davantage par leur apparence que par leurs caractères (là aussi sauf pour Iris et encore), dommage qu'on ne soit pas dans une BD ! Surtout que les descriptions ne sont pas terribles non plus, elles s'appuient sur les auxiliaires sans dégager de vie propre. Les personnages se comportent comme s'ils se connaissaient depuis toujours, sans guère se poser de question et sans se méfier les uns des autres, ils vont jusqu'à faire confiance à un débutant ignare et à le choisir comme chef ; autant dans un jeu vidéo ça passe parce que c'est le joueur qui doit incarner le groupe, mais dans un roman, la pilule est quand même plus dure à avaler...

D'ailleurs on peut remarquer avec amusement que d'ignorant total, le héros devient bon lutteur simplement en combattant des monstres croisés par hasard, et ce sans aucun entraînement ; on a même droit à la technique miracle acquise au dernier moment pour sauver une situation désespérée. Et les monstres, n'est-ce pas, sont vraiment croisés par hasard, le livre est truffé de combats qui ne servent à rien et les ennemis sont qualifiés d'office en tant qu'ennemis, sans parler du fait qu'ils attaquent sans raison, là où une créature normale dans certains cas aurait davantage d'intérêt à se sauver en courant...
Les scènes d'actions, plutôt bien maîtrisées, ne dégagent malheureusement aucune chaleur, et il est difficile de s'inquiéter pour des personnages qui ne semblent pas souffrir, dans le texte et la composition des phrases en tout cas, ni ressentir véritablement d'émotions au cours de leur combat.

Bref, Final Fantasy XI peut certainement permettre aux fans de passer un bon moment, pour les autres il vaudra mieux passer son chemin.

Extrait

- Quelle mauvaise foi ! s'exclama Iris en faisant tournoyer son bâton.
Al était bien d'accord, mais il aurait apprécié qu'elle ne parât pas si fort en territoire ennemi. Il le lui dit.
- Après ce boucan, je ne vois pas ce que ça change ! tempêta-t-elle en réponse.
Il haussa les épaules sans cesse d'avancer. Elle n'avait pas tort.
Elle se tourna vers Shera.
- Tu ne peux pas dire que tu as « désamorcé » ce piège !
- Je ne dis pas que je l'ai « désamorcé », je dis que j'ai résolu le problème ! répliqua Shera avec le plus grand naturel.
Les cinq compagnons parcouraient d'un pas vif le tunnel qui s'étendait au-delà de la porte dérobée. Il n'était pas large, à peine assez pour que deux personnes se tiennent côte à côte, et ne comportait aucun éclairage. Ils avançaient le p.us vite possible, tout en faisant bien attention à ne pas trébucher.


Final Fantasy XI – le chant de la tempête
Miyabi Hasegawa
Fleuve Noir
Extrait p. 108

# Posté le jeudi 20 décembre 2007 16:40

Modifié le jeudi 20 décembre 2007 17:03

124- Les aventuriers de la mer - les marches du trône

124- Les aventuriers de la mer - les marches du trône

INDISPENSABLE


Et voilà... la longue histoire des Vestrit touche à sa fin. Reyn, parti à la recherche de Malta avec Tintaglia, découvre le dragon sous un jour nouveau. De son côté, la jeune fille se démène pour s'en sortir et développe d'impressionnants talents de négociatrice. Althéa doit affronter Kennit, dont la chance pourrait bien tourner maintenant qu'il semble être allé trop loin, mais aussi la transformation de Vivacia sur laquelle elle ne parvient plus à retrouver sa place.

Conformément aux prophéties d'Ambre, nos héros sont parvenus à un n½ud dont dépendent de nombreux avenirs : celui de Terrilville et de Jamailla, celui des Vestrit, du Désert des Pluies et des Iles des Pirates, mais aussi celui des Dragons dont la survie est en jeu !
C'est avec un immense talent que Robin Hobb conduit sa longue intrigue à sa conclusion, en prenant son temps et développant sans hâte chacune des fourchettes qu'elle a habilement conduites tout au long des neuf tomes des Aventuriers de la mer. Tous les protagonistes trouvent leurs places et font face à leur destin, avec une mention particulière accordée à Kennit et à Parangon.
Mais d'une façon générale, durant la saga on aura vu tous les personnages évoluer et changer à leur façon : Hiémain, d'une vie dédiée à la prière et à la méditation s'est vu projeté à la tête de la flotte des pirates, tandis que l'arrogante Malta s'est transfigurée en la meilleure Marchande depuis plusieurs générations, profitant de sa position délicate pour soutirer des privilèges à sa famille ; on aura découvert les raisons de la folie de Parangon, regardé Etta bondir de la position de prostituée à celle de reine aimée et respectée tandis que le Gouverneur Cosgo, sans perdre ses défauts, en prenait conscience malgré tout et apprenait à connaître le monde dans lequel il vit. Les Vivenefs ont également développé leurs personnalités, retrouvé leurs souvenirs et y ont réagi avec plus ou moins de consternation et de dévouement.
Toutes les créatures douées d'intelligence doivent maintenant apprendre à composer les unes avec les autres, renaître ou donner naissance à de nouvelles générations inattendues, à des mythes oubliés. Telle est la conclusion de cette magnifique saga, composée avec une maîtrise remarque et que l'on referme avec à l'½il une larme de regret.

Extrait

- Notre retard ? demanda Shriver à mi-voix.
- C'est le sujet de nos discussions. Chaque marée nous affaiblit. Pourtant, sans guide, il est inutile de continuer car ce monde ne correspond pas à nos souvenirs. Même Celle-Qui-Se-Souvient n'est pas sûre du chemin à suivre. Nous avons besoin que Foudre nous guide, et nous sommes obligés de l'attendre. Faibles comme nous le sommes aujourd'hui, nous aurons aussi besoin de sa protection.
- Pourquoi nous fait-elle attendre ?
Sessuréa, direct comme toujours, tranchait dans le vif. Maulkin émit un son écoeuré et un nuage de toxines s'échappa de sa crinière.
- A cela elle nous a donné un tas de raisons, et aucune. Celle-Qui-Se-Souvient pense qu'elle dépend plus de l'aide capricieuse des humains qu'elle ne veut l'admettre. Comme je vous l'ai dit, tout revient à découvrir ce qu'elle est vraiment. Elle soutient qu'elle est un dragon. Nous savons qu'il n'en est rien.
- Elle n'est pas un dragon ? gronda Sessuréa, consterné. Alors, qu'est-ce qu'elle est ?


Les aventuriers de la mer – les marches du trône
Robin Hobb
Pygmalion
Extrait pp. 92-93

# Posté le mercredi 19 décembre 2007 05:25

Modifié le samedi 22 décembre 2007 14:33

123- Les aventuriers de la mer - ombres et flammes *

123- Les aventuriers de la mer - ombres et flammes *
Althéa, Brashen, Ambre et Parangon parviennent aux Iles des Pirates, mais ce sont les doutes et la trahison qui les attendent... Kennit, accompagné de Hiémain et Etta, a à affronter les exigences de Foudre, qui garde désormais Maulkin et les autres auprès d'elle. Malta et le Gouverneur tombent de Charybde en Scylla : après les Chalcédiens, voilà les pirates ! Reyn, hostile au dragon Tintaglia, va pourtant devoir conclure un pacte avec elle, pour sauver leurs deux peuples et sa bien-aimée. Et tandis que Selden se recouvre d'écailles, Ronica et Keffria, avec les Premiers Marchands et les Tatoués, font face à la tourmente de la guerre qui menace Terrilville.

L'aventure continue... ou plutôt, les aventures continuent ! Les nombreux personnages des Aventuriers de la mer poursuivent tous leurs vies en luttant de toutes leurs forces contre le destin. Sentiments, liens familiaux, politique, évolution des races, rien n'est omis dans ce huitième tome. Plus encore, chaque intrigue semble désormais atteindre son paroxysme, et elles commencent à se rejoindre pour un final ô combien attendu !
Robin Hobb est au sommet de son talent et jongle habilement entre les différents personnages, qui défilent tour à tour sans qu'aucun ne soit omis, s'attardant sur la personnalité de chacun d'entre eux. Les sentiments cèdent le pas à des scènes épiques, qui à leur tour font place à une réflexion ou à la simplicité de la vie ; sa plume ne connaît pas de limite à la variation. En outre, dans ce tome, elle nous fait enfin l'honneur de nous livrer sur un plateau le passé de Kennit, ainsi que celui de Parangon, un secret qu'on aura longtemps attendu et qui n'en est devenu que plus savoureux.
Est-il quelque chose à ajouter sur les Aventuriers de la Mer ? Un des meilleurs cycles de fantasy, tout simplement.

Extrait

Brashen se fit le plus attentif, le plus flatteur des auditeurs tandis que Maistel lui relatait avec force détails l'attaque des trafiquants d'esclave qui avait changé pour toujours la configuration et la nature même de Partage. En écoutant son interminable récit, Althéa commença à comprendre que ce Kennit n'était pas un pirate ordinaire. Maistel en parlait avec orgueil et admiration. Les autres ajoutaient leurs propres histoires sur les dires, les faits et gestes de Kennit. L'un des intervenants était manifestement quelqu'un de cultivé. Le tatouage sur sa joue se plissa quand il évoqua avec hargne les jours passés dans la cale d'un transport d'esclaves avant que Kennit ne le libérât. Althéa s'aperçut, mal à l'aise, qu'ils le dépeignaient en héros d'épopée. Elle en venait malgré elle à l'admirer tout en sentant son sang se figer. Un tel homme, brave, et sage, et noble, ne renoncerait pas facilement à la vivenef. Et si la moitié de ce qu'on racontait était vrai, peut-être Vivacia lui avait-elle donné son c½ur. Alors quoi ?

Les aventuriers de la mer – Ombres et flammes
Robin Hobb
Pygmalion
Extrait p. 89

# Posté le jeudi 13 décembre 2007 14:23

Modifié le jeudi 13 décembre 2007 14:52

122- Les hérauts de Valdemar / la guerre des mages - le griffon noir *

122- Les hérauts de Valdemar / la guerre des mages  - le griffon noir *
Il y a fort longtemps, bien avant les Hérauts de Valdemar, la magie existait déjà. Elle était en possession de mages puissants, capables de s'allier à d'autres créatures intelligentes, et même d'en créer : c'est le cas des majestueux griffons, création du grand Urtho.
Mais Urtho doit faire face à une menace grandissante, celle de son plus grand ennemi : Ma'ar, le destructeur cruel et sanguinaire qui, irrésistiblement, étend son pouvoir sur toutes les terres. Malgré leur détermination et leur bravoure, les serviteurs d'Urtho éprouvent une peine croissante à leur résister...

Le griffon noir s'ouvre sur une scène épique, qui présente la personnalité aussi orgueilleuse que charismatique du griffon Skandrannon ; cependant, comme d'habitude l'incipit tend à orienter le récit dans une direction qu'il ne prendra jamais. La fin, elle aussi, se révèle trop rapide et dénuée d'explications suffisantes, malgré le fait qu'elle soit réellement palpitante.
Sitôt la mission de Skan achevée, le roman s'attarde sur la vie du campement, avec la joie et les peines d'un petit groupe d'individus : Ambredragon, le plus proche ami de Skan mais aussi un kestra'chern soignant les esprits et obligé de se battre contre les médisances, la froide Bichehivernale apparemment sans c½ur mais surtout blessée et rétive, Zhaneel, la femelle griffon anéantie psychologiquement depuis sa prime enfance à cause de sa différence... sans oublier Urtho l'énigmatique, le Mage du Silence en personne !
Urtho est un personnage clef du monde de Valdemar, dont le surnom « Mage du Silence » restera dans l'Histoire pour les millénaires à venir. Dans ce sens, la guerre des mages est sans conteste un retour aux sources des plus intéressants, qui révèle l'origine de certains peuples, mais aussi de la région qu'on connaîtra par la suite sous le nom de Pélagirs, terres empreintes de magie et de créatures étranges...
L'intérêt de cette trilogie est essentiellement de développer l'univers de Valdemar, en dévoilant les vies de personnages célèbres sur lesquels de nombreuses questions se posaient. Mais malgré le fait que chronologiquement, elle se déroule avant toutes les autres, il n'y a sans doute pas grand intérêt à la lire en premier, car alors vous apparaîtra essentiellement le côté très manichéique du livre... Voir les personnages s'entrecroiser et changer se révèle distrayant mais dépourvu de suspens marquant, avec des intrigues amoureuses plutôt prévisibles et des évolutions psychologiques tout aussi peu significatives. De plus, Mercedes Lackey ayant écrit cette trilogie après les autres, elle n'explique plus certaines notions désormais connues du lecteur (le lien pour la vie, les descriptions de certaines créatures,...), ce qui peut rendre son univers plus difficile à pénétrer.
Le roman pose toutefois une question intéressante en l'identité des griffons : créations magiques d'Urtho, lui appartiennent-ils pour autant ? Le grand mage a-t-il vraiment le droit de s'arroger, entre autres, le pouvoir de leur permettre de procréer, au risque de les laisser s'éteindre s'il mourrait lui-même ? Malgré son amitié et sa fidélité envers Urtho, Skandrannon supporte mal cette absence d'indépendance, qu'il prend aussi pour un manque de confiance... Un dilemme qui, il faut l'avouer, trouve très bien sa place dans notre monde actuel.

En résumé, le griffon noir est un roman sympathique, sans plus, qui trouve essentiellement son intérêt en tant que complément de l'univers de Valdemar, parce que ses personnages sont voués à devenir des célébrités. A lire par curiosité, si on connaît déjà la saga.


Extrait


Intéressant que Cinnabar n'ait pas suggéré que nous parlions à Urtho avant de devenir des voleurs... Elle le connaît mieux que nous. J'aimerais savoir ce qui lui fait croire qu'il aurait refusé de nous donner ces informations...

Cela avait piqué la curiosité du kestra'chern. Si plusieurs raisons lui étaient venues à l'esprit, il ignorait laquelle était la bonne.
Pendant que Tamsin et Cinnabar parcouraient l'index de la salle des archives, il s'intéressa aux titres des livres. Mais il ne découvrir aucun indice. Tous étaient succincts, du genre :
Archives d'élevage, oiseaux-liges kaled'a'in.

A-t-il participé à ce projet ou s'est-il contenté d'observer ce que mon peuple a fait ?

Un autre livre disait : Archives d'élevage, chevaux kaled'a'in. Ambredragon rit tout bas. Un seul volume ? Urtho n'avait aucune idée de la somme de travail que son peuple avait consentie pour les troupeaux !


Les hérauts de Valdemar / la guerre des mages – le griffon noir
Mercedes Lackey & Larry Dixon
Pocket
Extrait p. 149

# Posté le jeudi 13 décembre 2007 14:21

Modifié le mercredi 19 décembre 2007 05:24