136- Les prophéties - les chemins de Damas

136- Les prophéties - les chemins de Damas
La grande guerre qui a opposé l'Europe chrétienne aux pays musulmans a totalement détruit les deux nations. Milliers de morts, territoires détruits, inflation économique, désorganisation sociale, rigueur d'un climat glacial se sont abattus sur un continent en pleine déchéance.
Jemma, divorcée et seule, se laisse sombrer dans le désespoir depuis la disparition de sa fille, une des innombrables victimes de la vague de disparitions d'enfants. Sa rencontre avec Luc, un journaliste désabusé qui mène l'enquête sur une légendaire « armée des enfants » en Orient, lui permet de reprendre le dessus et d'entreprendre un voyage désespéré vers le Moyen-Orient, sur les chemins de Damas...

Les chemins de Damas est en fait le troisième tome d'une trilogie intitulée les prophéties, donc si jamais soyez prévenus, mais sachez que cette situation ne m'a guère dérangée au niveau de la compréhension ; l'intrigue semble en effet être indépendante des romans précédents, avec juste certains noms et concepts qui reviennent.

L'œuvre est bâtie d'une façon bien particulière : un chapitre sur deux seulement est consacré à la rencontre puis au voyage de Jemma et Luc. Les autres ne dévoilent pas une seconde intrigue, mais se consacrent chaque fois à un personnage différent et visitent sa situation, sa mentalité, sa famille, ses fréquentations amicales ou moins amicales, puis le placent face à un tournant décisif de sa vie. Ces protagonistes ne concernent pas directement l'intrigue principale mais la force du roman repose en grande partie sur eux, sur leurs différences, sur leurs éventuels contacts, sur la description au final d'un monde issu d'une imagination complète et très réaliste. On suivra avec fascination la vie de ces hommes et femmes perdus, qu'ils soient SDF, employés en sursit, prostitués, dealers, criminels ou hommes politiques fourvoyés. La vision de Pierre Bordage est extrêmement sombre, déshumanisée, immorale même, mais elle semble si crédible qu'il est impossible de la parcourir sans frissonner. Et les articles de journaux précédant les aventures de Jemma et Luc ne font que renforcer cette désagréable impression.
Et pendant ce temps, Jemma et Luc font connaissance. La femme perdue renaît peu à peu à travers l'homme qui a cherché sa renaissance à travers le danger et la philosophie ; de prime abord discret, ce dernier dévoile peu à peu son parcours, sa façon de penser, son évolution personnelle, ses théories sur le monde. Jemma réfléchit, adhère, se transforme. Et lentement mais sûrement, diverses situations qui paraissaient insolubles, impossibles, désespérées, se retrouvent à converger vers un but unique, une idée qui ne nous sera dévoilée qu'à la toute fin.

Le style de l'auteur convient à l'univers qu'il a créé : sobre, froid, cynique, empli de questionnements et d'égarements. Les gens qui n'aiment pas perdre de temps dans des descriptions quelles qu'elles soient n'apprécieront pas forcément, mais la force de Bordage repose essentiellement sur ces dernières, sur leur aspect répugnant, sur leur impact dans l'imagination du lecteur.
En gros, une excellente œuvre de science-fiction, très riche, développée avec brio aussi bien sur les niveaux psychologiques que politiques, religieux, sociaux et géographiques.

Extrait

- Il est mal barré, l'Occident ! L'Europe n'est plus qu'un continent décadent, une nation du tiers-monde. Son économie est en berne, il n'y a plus de travail, plus de protection sociale, pratiquement plus de technologie. Ils avaient vraiment prévu ça, les fauteurs de guerre ?
- Au risque de vous surprendre, oui. Les têtes pensantes essaient toujours de concilier le court, le moyen et le long terme. Le court terme ? Les fournitures énergétiques. Les compagnies occidentales détiennent le monopole des ressources pétrolières et peuvent à tout moment exercer un chantage efficace sur les puissances émergentes, la Chine et l'Inde principalement. Le moyen terme ? Le développement économique, via la mondialisation, engendre un mode de pensée uniforme
à priori favorable au développement d'une religion unique. Les bases de l'économie moderne ont été jetées par les pères de l'Eglise, et le libéralisme est une invention occidentale, un extrémisme économique qui porte en lui une volonté de conquête, des valeurs missionnaires. Le long terme ? La parole évangélique sera transmise à l'ensemble des peuples non chrétiens. Pas besoin qu'ils se convertissent, seulement qu'ils entendent.

Les prophéties – les chemins de Damas
Pierre Bordage
Au Diable Vauvert
Extrait p. 137

# Posté le dimanche 13 janvier 2008 15:40

Modifié le mardi 22 janvier 2008 18:08

135- Et si c'était vrai... **

135- Et si c'était vrai... **
Ce qui arrive à Arthur est tout simplement incroyable. Il a trouvé une jeune femme dans son armoire, prétendant être l'esprit d'une patiente comateuse à l'autre bout de la ville. Dit-elle la vérité ? En tout cas, il est seul à la voir, à la toucher, et à l'entendre... Touché par leur amitié naissante, Arthur décide de tout faire pour aider sa nouvelle amie à regagner son corps.

Bon. On ne niera pas que Marc Lévy, c'est de la littérature de gare, que c'est léger, sans profondeur ni subtilité, que le scénario n'a rien dans le ventre, que les personnages ne sont guère travaillés, que l'intrigue recourt à quelques facilités et que les puristes profonds n'y trouveront rien du tout.
Mais... C'est drôle, c'est rapide, c'est pas sérieux, c'est intense, c'est amusant, ça arrache un sourire à chaque coin de page. Les personnages se ressemblent d'une œuvre à l'autre, mais ils déchaînent tous leurs répliques inattendues et ironiques et finalement... si la seule chose que vous demandez à un livre, c'est de vous faire passer un bon moment en vous apportant un peu de joie dans votre morne quotidien, alors assurément, Marc Lévy devrait vous satisfaire.

Extrait

Paul à la fenêtre, le front plissé, regardait son associé parler tout seul dans la rue, ouvrir la portière côté passager sans aucune raison et la refermer aussitôt, faire le tour de son cabriolet et s'installer derrière le volant. Il fut convaincu que son meilleur ami faisait une dépression de surmenage ou qu'il avait eu un accident cérébral. Installé sur son siège, Arthur posa ses mains sur le volant et soupira. Il fixait Lauren du regard, souriant en silence. Gênée, elle lui rendit son sourire.
- C'est énervant d'être pris pour un fou, n'est-ce pas ? Et encore il ne vous a pas traité de pute !
- Pourquoi ? Mon explication était confuse ?
- Non, pas le moins du monde. Où va-t-on ?
- Prendre un grand petit déjeuner, et vous allez tout me raconter, dans le détail.
De la fenêtre de son bureau Paul continuait de surveiller son ami garé en bas devant la porte de l'immeuble. Lorsqu'il le vit parler seul dans la voiture, s'adressant à un personnage invisible et imaginaire, il se décida à l'appeler sur son téléphone portable. Dès qu'Arthur décrocha il lui demanda de ne pas démarrer, il descendait sur-le-champ, il fallait qu'il lui parle.
- De quoi ? demanda Arthur.
- C'est pour cela que je descends !


Et si c'était vrai...
Marc Lévy
Pocket
Extrait pp. 67-68

# Posté le jeudi 10 janvier 2008 16:09

134- Martyre, précédé de Ken **

134- Martyre, précédé de Ken **
Jirô, capitaine de kendô, est l'un des meilleurs sabres du Japon. Et s'il n'était que l'un des plus grands kendôka ! Tout, chez lui, respire la perfection... Le garçon, admiré par son entourage, suscite à la fois respect et dérangement. Mais une telle droiture peut-elle résister au moindre accroc, aussi infime soit-il ?
Watari est la principale victime d'une école où les élèves sont de véritables petits démons de méchancetés. Lorsque Watari vole de livre de Hatakeyama, une relation particulière s'installe entre les deux garçons... Jusqu'où ira la cruauté de leurs jeux ?

A travers ces deux nouvelles, Ken et Martyre, Yukio Mishima dresse un portrait de la jeunesse dans ses meilleures qualités et ses pires défauts. Non seulement ses observations sont pertinentes, très souvent justes et malsaines dans leur justesse, mais sa plume s'appuie sur un vocabulaire particulièrement soutenu pour accoucher d'un texte fascinant. On peut d'ailleurs féliciter les traducteurs d'être parvenus à le retranscrire si bien dans la langue française, de façon à nous livrer une œuvre de haut niveau.
La première nouvelle s'attarde sur Jirô, garçon aux ambitions élevées, mais elle présente également Mibu, fasciné par son mentor et rêvant d'atteindre son niveau, et Kagawa, envieux de sa popularité et désireux de le défier. Or, aussi contradictoires soient-ils, ces deux sentiments se ressemblent par leur intensité, et joueront au final un rôle semblable dans le drame qui se prépare.
Le second récit, moins long, moins original et moins beau, mais d'une grande dureté, pointe du doigt la cruauté des écoliers envers leur bouc émissaire, et présente des événements une vision décalée, étrange, conduisant à une chute déconcertante.

Pour courts qu'ils soient, ces textes sont intenses et méritent le détour pour qui aime tout simplement la beauté de la langue écrite, la lecture d'œuvres fortes, pudiques et pourtant violentes à leur façon.

Extrait

Sur le plastron de laque noir, resplendissent, dorés, les deux cotylédons de gentiane, blason de la famille Kokubu.
Dans le large rayon de soleil couchant qui pénètre par la fenêtre du dôjô, les gouttes de sueur s'échappent de l'épais kimono indigo de Jirô Kokubu, étincelantes, et volent partout alentour.
La fente du hakama laisse deviner, ferme et brillante, couleur d'ambre, la cuisse, qui, en plein mouvement, fait présumer un corps jeune et dansant sous le kimono d'entraînement et son armure de protection.
Car tout est mouvement, un mouvement qui semble naître d'une sphère étroite de silence, d'indigo mélancolique et profond.
A l'instant même où l'on pénètre dans le dôjô, sa silhouette imprègne le regard. Autour de lui, et de lui seul, une sorte de paix, harmonie parfaite des positions.
Gardes immuablement belles, où rien ne vient détruire l'équilibre naturel du corps humain. Au cœur du plus violent mouvement, il est là, présence immobile. Comme la corde d'un arc après le tir d'une flèche, il reprend sa position initiale, tendue mais naturelle, et sans la moindre contrainte.
Telle une ombre, le pied gauche suit le pied droit, et, dans la cadence mugissante qu'imprime ce dernier, montre, comme déferle la crête blanche des vagues, un pas glissant d'automate.
Normal donc qu'il ait été choisi parmi les cinq meilleurs sabres des clubs de l'est du Japon pour participer aux Nationaux Est-Ouest en individuel ! Capitaine d'équipe, il est la gloire du club de kendô de l'université.


Martyre, précédé de Ken
Yukio Mishima
Folio
Extrait pp. 11-12

# Posté le dimanche 06 janvier 2008 16:02

Modifié le mardi 15 janvier 2008 16:18

133- Le Papillon des Etoiles

133- Le Papillon des Etoiles
Une jeune championne fauchée en pleine jeunesse, un homme à la carrière brisée, un vieux milliardaire maladif impuissant face à la mort. Trois existences dégoûtées par la vie, considérant leur monde comme perdu, qui contre toute attente se réunissent pour mettre en œuvre un projet des plus improbables : la construction du Papillon des Etoiles, immense vaisseau destiné à embarquer à son bord 144'000 hommes et femmes, afin d'assurer à l'humanité une descendance à même de débarquer sur une autre planète viable, afin d'y fonder une nouvelle Terre...

Il n'a jamais fallu être trop terre-à-terre pour apprécier les romans de Bernard Werber, mais le Papillon des Etoiles vous demandera un effort particulier tellement l'histoire déballée est absolument improbable. Après un début très détaillé introduisant de façon fracassante les protagonistes, le roman ne tarde pas à se délayer ; passé le deuxième tiers, il racontera nettement moins d'événements, et le lecteur se sentira alors d'autant moins concerné que les protagonistes auxquels il s'est attaché n'en font plus partie.
Au niveau de sa forme, le roman se voit découpé en trois parties principales, elles-mêmes divisées en minuscules chapitres qui sont la marque de fabrique de l'auteur. On peut se demander cependant pour quelle raison exactement il a tenu à les conserver dans la mesure où l'Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu ne fait pas partie de l'histoire, et où les différentes fourchettes se rejoignent bien vite pour ne plus former qu'une seule intrigue. Ils n'étaient donc pas vraiment nécessaires, hormis peut-être pour placer des titres particulièrement évocateurs mais assez dispensables...
Pour le reste, on peut supposer que l'imagination débridée de Bernard Werber commence à rencontrer ses limites. Le roman réutilise en effet un certain nombre de recettes déjà vues dans ses précédents romans : la tentative de baser la société humaine sur celle des fourmis (les fourmis), la reproduction de l'histoire de l'humanité précédente (Nous les Dieux), etc. L'auteur dresse, comme à son habitude, un portrait de l'Homme désabusé, le considérant comme admirable et stupide, voué à répéter à l'infini les mêmes erreurs. De mêmes, alors qu'il dénonce la religion, le récit tout entier se voit baser sur les références chrétiennes, à commencer par le chiffre 144'000, mais surtout par un fin au cours de laquelle les événements précédents prendront tous leurs sens. Ultime pied de nez à la dérision...

Dans l'ensemble, le Papillon des Etoiles est un roman qui m'a paru peu crédible et revu, mais il vaut la peine d'être lu jusqu'à la fin afin d'en tirer les conclusions qui s'imposent.

Extrait

C'était comme une gigantesque émission de téléréalité.
Tous les candidats étaient conscients qu'ils étaient surveillés et filmés. Tous les sélectionneurs étaient conscients que la plupart des candidats pouvaient se faire passer pour ce qu'ils n'étaient pas.
Mais le temps agissait.
Adrien partait du principe qu'on ne peut pas tromper son entourage en permanence. Il y a forcément des moments où l'on se révèle.
La décantation eut lieu. Au début, le conseil des 32 sélectionneurs évacua toutes les personnes qui manifestaient des signes de violence.
Celles qui étaient colériques.
Celles qui étaient insensibles aux problèmes d'autrui.
Celles qui avaient des comportements antisociaux.
Celles qui ne faisaient que suivre les leaders sans utiliser leur libre arbitre.
En une semaine on passa de 433'000 à 310'000. Satine Vanderbild restait méfiante.
- Nous risquons d'avoir au final les meilleurs escrocs. Les plus habiles à duper leur entourage.
Adrien Weiss ne partageait pas ce point de vue.


Le Papillon des Etoiles
Bernard Werber
Albin Michel
Extrait pp. 62-63

# Posté le dimanche 06 janvier 2008 16:00

Modifié le samedi 12 janvier 2008 11:02

132- Les annales du Disque-Monde - la huitième couleur

132- Les annales du Disque-Monde - la huitième couleur
Dans une dimension lointaine et passablement farfelue, un monde en forme de disque est juché sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes posés sur le dos d'une Tortue.
A Ankh-Morpork, l'une des villes de ce Disque-Monde les habitants croyaient avoir tout vu. Et Deuxfleurs avait l'air tellement inoffensif, bonhomme chétif fidèlement escorté par un Bagage de bois magique circulant sur myriade de petites jambes. Tellement inoffensif, bonhomme chétif fidèlement escorté par un Bagage de bois magique circulant sur une myriade de petites jambes.
Tellement inoffensif que le Patricien avait chargé le calamiteux sorcier Rincevent de sa sécurité dans la cité quadrillée par la guilde des voleurs et celle des assassins ; mission périlleuse et qui va les conduire loin : dans une caverne de dragons et peut-être jusqu'au rebord du disque.
Car Deuxfleurs appartenait à l'espèce la plus redoutable qui soit : c'était un touriste...

(Présentation éditeur)

Ce n'est pas dans mes habitudes, mais je n'ai pas pu faire autrement que reprendre le résumé mis à disposition par l'éditeur. Je n'aurais jamais été capable, de moi-même, d'en écrire un autre capable de transcrire aussi bien l'ambiance des annales du Disque-Monde !
Totalement aux antipodes du Seigneur des Anneaux et autres romans de high fantasy, les Annales du Disque-Monde, interminable série de l'humoriste anglais Terry Pratchett, met en avant un univers complètement loufoque, avec des personnages disjonctés du cibouleau ^^
Ce premier tome présente donc la rencontre de Rincevent, le mage raté, avec Deuxfleurs, touriste aux réactions pour le moins surprenantes (et incompréhensibles et suicidaires). Rincevent se trouvant obligé d'accompagner Deuxfleurs... c'est le début d'une exploration du Disque particulièrement riche en péripéties ! Le roman se divise en quatre parties mettant chacune en scène une mésaventure du duo (le trio si on compte le Bagage de Deuxfleurs, un coffre magique à pattes et à dents). Elles sont certes passionnantes et étonnantes, mais ce n'est pas là la principale qualité des romans de Terry Pratchett.
L'auteur présente en effet son œuvre avec une virtuosité, un style rare et d'une grande richesse. Tout, dans son texte, prête à sourire : les répliques lancées avec tact, les descriptions et comparaisons ironiques (« il souriait comme une citrouille un soir de Halloween »), les jeux de mots, les situations absurdes, la construction même du texte, effectuant ici ou là un « arrêt sur image » explicatif proprement hilarant... Tout cela en s'appuyant sur un vocabulaire dense et soigné, à la fois populaire et soutenu, un véritable tour de force !
Ajoutons à cela des protagonistes auxquels on ne peut pas ne pas s'attacher ; leurs personnalités bien différentes mais toutes si drôles dans leurs caractéristiques, ne peuvent laisser personne indifférent !
Bref les Annales du Disque-Monde est un cycle définitivement à part dans l'univers dans la fantasy ! Il faut vraiment s'y essayer, et une fois que ce serait fait, vous en redemanderez ^^

Extrait

- Je le savais, dit Rincevent. Nous sommes à l'intérieur d'un champ magique puissant.
Deuxfleurs et Hrun parcoururent des yeux la petite cuvette où ils avaient fait leur halte de midi. Puis ils s'entre-regardèrent.
Les chevaux broutaient en silence l'herbe grasse au bord du ruisseau. Des papillons jaunes voletaient dans les buissons. Le thym embaumait et les abeilles bourdonnaient. Les cochons sauvages grésillaient doucement sur leur broche.
Hrun haussa les épaules et se remit à huiler ses biceps. Ils luisaient.
- Tout m'a l'air normal, fit-il.
- Essaie de tirer à pile ou face avec une pièce, dit Rincevent.
- Quoi ?
- Vas-y. Lance une pièce.
- Hoquet. Si ça peut te faire plaisir.
Il plongea la main dans sa bourse et sortit une poignée de menue monnaie pillée dans une dizaine de royaumes. Avec soin, il sélectionna un quart d'iote de Zchloty en plomb et le plaça en équilibre sur l'ongle violacé d'un pouce.
- Choisis, fit-il. Pile ou... - il examina le revers avec une expression de concentration intense – une espèce de poisson avec des pattes.
- Quant elle sera en l'air, dit Rincevent.
Hrun sourit et donna une pichenette.
L'iote monta en tournant sur lui-même.
- La tranche, fit le mage sans regarder.


Les annales du Disque-Monde – la huitième couleur
Terry Pratchett
Pocket
Extrait pp. 135-136

# Posté le vendredi 04 janvier 2008 16:41

Modifié le samedi 05 janvier 2008 04:41