156- Les Revenants - la tentation de l'Ombre

156- Les Revenants - la tentation de l'Ombre
Alors que Quentin est entré en possession de l'héritage laissé par sa vie antérieure, Nicolas a libéré Azael qui s'est emparé de son corps avant d'aussitôt se lancer à la recherche de la statue de Baalzébuth, non sans commencer à rassembler des adeptes qui s'opposeront farouchement à Quentin et Violaine. Cette dernière n'est d'ailleurs pas à court d'épreuves : pour apprendre la vérité, aussi cruelle soit-elle, elle n'a d'autre choix que retourner dans le passé, au risque de tout modifier...

Le jeu entre le passé et le présent, c'est fini ; l'histoire de Violaine et de son tuteur a en effet été décrite en entier, ou presque. Néanmoins, l'intrigue se divise cette fois entre les divers protagonistes, qui agissent de manière indépendante selon leurs propres desseins, et se révèle suffisamment foisonnante pour retenir l'attention, d'autant que le découpage des chapitres tend à soutenir le suspens. Certains personnages, telle la mère de Quentin et Nicolas, réservent quelques surprises car ils n'ont vraisemblablement pas dévoilés tous leur secrets.
Malheureusement, pour ce qui est du reste, le roman sombre dans la banalité : l'histoire de Violaine est si courante qu'elle ne réservera pas au lecteur la moindre surprise, quant à Nicolas, son traitement qui se faisait effrayant retombe d'un coup pour céder à un classique plutôt décevant.

Ce deuxième tome des Revenants reste un roman sympathique et bien écrit, qui mérite l'attention de par sa qualité, néanmoins le premier tome paraissait promettre davantage... Tant pis.

Extrait

Aussitôt, le modem l'aspira.
L'esprit en alerte, il s'élança à une vitesse folle dans un invraisemblable entrelacs de fils électriques, de fibre optique, de câbles coaxiaux et d'ondes satellitaires. Autour de lui, tout n'était que transfert d'informations, impulsions électriques, courants d'énergie. Tel un surfeur, il profitait de ces vagues électroniques pour se déplacer et, bien qu'il n'eût, pour l'heure, ni corps ni yeux, il percevait avec précision le tracé de l'invraisemblable labyrinthe dans lequel il s'était engagé.
Grisé, Quentin le sentait s'étendre autour de lui, aussi vaste qu'un océan. Il s'y déplaçait avec aisance, se fondant aux flux de données, traversant serveurs, centraux téléphoniques et ordinateurs personnels à une vitesse vertigineuse.
Devant lui, l'infime étincelle qu'était Azael fuyait, bifurquant à chaque nanoseconde dans une nouvelle direction. Quentin n'était pas sûr de la rattraper mais il espérait la suivre jusqu'à son point d'origine. Soudain, elle explosa en une myriade de particules. Pendant un milliardième de seconde, elle fut partout, puis elle tremblota et s'éteignit.


Les Revenants – la tentation de l'Ombre
Jean Molla
Rageot
Extrait p. 182



# Posté le jeudi 03 avril 2008 08:29

155- Phaenomen **

155- Phaenomen **
Violaine réagit souvent de manière excessive et violente, et prétend voir des dragons. Nicolas ne quitte jamais ses lunettes noires, ferme toutes les fenêtres et bien souvent, refuse d'ouvrir les yeux. Claire est très maladroite, ses mouvements sont désordonnés et elle a besoin de toucher quelqu'un pour se déplacer normalement ; de plus, elle est convaincue d'être une sylphide. Quant à Arthur, enfermé dans son monde, il passe tout son temps à dessiner des singes sur les murs.
De ces quatre enfants au comportement déconcertant, nul ne sait que faire ; voilà pourquoi leurs parents au désespoir les ont enfermés dans la Clinique du Lac, où leur unique allié est le Docteur Barthélémy, le seul à les considérer encore un peu comme des humains. Quand ce dernier disparaît, kidnappés par des malfaiteurs aux intentions obscures, sans réfléchir ils se lancent à sa poursuite et se mettent sur la piste d'un document mystérieux aux révélations fracassantes...

De ce roman j'avais eu des échos extrêmement diversifiés, très négatifs pour certains. Le fait est que sans être mauvais, loin de là, Phaenomen est une œuvre déconcertante, à même d'en troubler plus d'un ; en effet, là où bien des ouvrages se contentent de dérouler une aventure fantastique à la Pierre Bottero, Phaenomen refuse de s'appuyer sur ces bases toutes tracées et impose résolument une conception du fantastique qui sans être novatrice ou inédite, est très certainement à même de bouleverser qui n'a jamais eu affaire à la moindre once d'originalité.

Pourtant, les ressorts de l'intrigue restent extrêmement classiques : il s'agit pour l'essentiel d'un jeu de piste où les indices et les énigmes étranges s'échelonnent pour mener d'un point à l'autre, de façon à rapprocher les jeunes chasseurs du trésor convoité ; on peut toutefois se demander si ce procédé n'était pas, quelque part, indispensable pour donner à cet univers au moins un aspect simple pouvant fournir au jeune lecteur un point de repère familier.
Un autre défaut du roman serait de n'avoir pas suffisamment développé les relations familiales des quatre enfants – dont les familles demeurent pour ainsi dire totalement absentes, à l'exception de l'ancien petit ami de la sœur de Violaine, qui s'étonne à peine de voir un jour débarquer quatre enfants dont trois qu'il ne connaît ni d'Ève ni d'Adam ; cependant sachant que d'autres tomes suivront celui-ci, abstenons-nous de nous montrer trop affirmatif sur ce point.

Pour le reste, le roman présente l'originalité de n'avoir pas hésité à montrer les pouvoirs de nos jeunes héros comme des maladies mentales ou physiques, en tout cas du point de vue qu'en ont leur entourage. À cet égard, on peut difficilement rester insensible au traitement qu'ils subissent quand ils sont à peine traités comme des êtres humains capables de penser et de réfléchir comme n'importe qui, sans respect ni tolérance aucune pour le fait que leur mentalité est peut-être simplement différente de la nôtre. Quand chacun a renoncé à les comprendre, les enfants voient en « le Doc », comme ils l'appellent, le seul ami adulte ; lorsqu'il disparaît, ils se lancent naïvement à sa poursuite, convaincus que rapporter les faits ne les avantagerait nullement ; et à cet égard ils se comportent encore, malgré tout, comme les enfants qu'ils restent un peu.
Ce travail sur les mentalités, les personnalités, le psychisme, est accentué par la construction des chapitres, qui tous s'ouvrent sur un texte en italique à la première personne de l'un des protagonistes (aussi bien les quatre héros que leurs poursuivants ou d'autres personnes), puis s'achèvent sur une citation plus neutre, dont le ton glacial sonnerait presque comme une gifle. Le latin est la langue de chacun des titres, avec sa résonance à la fois antique et magistrale ; et le tout confère au roman une densité pouvant être ressentie comme répétitive et lassante, mais qui surtout se révèle étouffante et d'une régularité oppressante comme le tic-tac d'une horloge.
La clef de l'œuvre, enfin, tout en s'appuyant sur une fausse rumeur plus actuelle qu'on pourrait le croire, apporte pourtant sa propre réponse, une réponse qui appelle une suite plus creusée où l'univers posé par l'auteur se développerait davantage encore. Car c'est une certitude, tout n'est pas dit ; et les maints secrets que l'on devine ne concernent pas seulement cette étrange révélation finale, mais aussi la véritable nature de ces enfants que l'on aura suivis sans finalement en apprendre davantage alors que l'on sent, que l'on sait qu'autre chose, plus complexe, se dissimule sous la surface. Peut-être, en fait, les deux mystères sont-ils liés, qui sait ? La réponse, sans doute, se trouvera dans les tomes suivants...

Phaenomen possède une intrigue indépendante, qui peut se suffire à elle-même aux yeux des lecteurs peu exigeants, mais qui peut également donner l'impression de n'avoir que gratté la surface d'un terreau immense...
C'est un roman qui possède des faiblesses, un brin de facilité, mais dont l'atmosphère oppressante et les mystères intrinsèques effacent largement les défauts.
Mais assurément, c'est aussi un roman à même de désorienter et de déstabiliser, de part sa construction inhabituelle et son traitement parfois corrosif. C'est une œuvre inhabituelle et de ce fait, elle plaira aux uns mais ne pourra pas séduire tout le monde...

Extrait

Ils s'assirent sur les coussins, autour de la table. Claire avait disposé une nappe blanche et même allumé une bougie, pour faire jolie.
Ils commençaient juste à manger lorsqu'on frappa à la porte.
Antoine eut l'air surpris.
- Ce doit être une lettre recommandée. Aucun de mes amis n'est debout à cette heure-là !
Il se leva et se dirigea vers sa chambre en criant un « J'arrive ! » pour faire patienter le visiteur. Les quatre amis se regardèrent, inquiets.
- Nicolas, tu vois quelque chose ?
Le garçon retira ses lunettes, fixa la porte et se concentra. Le problème, c'est que ça ne marchait pas tout le temps. Mais sa vision se brouilla très vite. Ses entraînements portaient leurs fruits !
Le monde n'était plus que couleurs. Il poussa un cri de stupeur. Derrière le brun de la cloison, trois silhouettes se découpaient, rouges et jaunes. Une mince, une normale et une énorme.

Phaenomen
Erik L'Homme
Folio Junior
Extrait p. 111



# Posté le jeudi 03 avril 2008 07:58

Modifié le jeudi 03 avril 2008 12:02

154- Vous revoir **

154- Vous revoir **
Quatre années ont passé. Arthur est incapable d'oublier Lauren ; quant à cette dernière, submergée de travail, elle se doute bien que tout le monde lui cache quelque chose, mais quoi ? La vie les a éloignés, certes, mais quand Arthur est soigné par Lauren, qui pourrait empêcher les vieux sentiments de ressurgir ?

J'ai trouvé ce roman très en dessous du précédent. L'humour est assez bâclé, avec des situations déjà vues ; et Marc Lévy sans humour, c'est méchant à dire mais il reste plus grand-chose : un spot TV à l'eau de rose, limite stéréotypé, à la qualité littéraire de bas niveau... L'intrigue n'est pas spécialement recherchée non plus, elle ressemble à l'autre dans le sens inverse, m'enfin si ça peut permettre de rêver, pourquoi pas.
Bon allez, j'avoue, je suis sévère sur ce coup-ci, mais honnêtement, ce roman je lui trouve rien du tout, ça fait dix minutes que je réfléchis pour en tirer des qualités, mais non. En même temps, j'imagine que le but de l'auteur n'était pas d'en faire un monument, même si ça se vend, mais c'est un autre sujet.

Extrait

- Restez tranquille, je vais appeler les secours tout de suite, lui dit-elle en lui caressant le front.
Elle se dirigea vers le bureau à la recherche du téléphone. Arthur réussit à tenir le verre de sa main droite, la gauche n'obéissait à aucune commande. Le liquide glacé coula dans sa gorge, il déglutit. Il voulut se relever mais sa jambe restait immobile. La vieille dame se retourna pour le surveiller, il avait repris quelques couleurs. Elle allait soulever le combiné quand la sonnerie du téléphone retentit.
- Tu te fous de ma gueule ! hurla Paul.
- Par qui ai-je l'honneur de me faire engueuler ? demanda Miss Morrison.
- Je ne suis pas chez Arthur ?


Vous revoir
Marc Lévy
Pocket
Extrait p. 99





PS : Message personnel à la personne qui considère Marc Lévy comme "un des meilleurs auteurs français" :

Il ne suffit pas de passer du temps sur un livre pour faire un livre de qualité. Tout comme il ne suffit pas de vendre des milliers d'exemplaires pour devenir un "excellent écrivain" ; bien au contraire, les oeuvres tous publics connaissent généralement le succès justement de par leur facilité et leur accessibilité, qui bien souvent et en l'occurrence vont de pair avec un niveau littéraire particulièrement bas, se traduisant - entre autres - par une absence de vocabulaire et des phrases peu travaillées.
Par ailleurs je vous conseillerais d'apprendre à lire (et il ne suffit pas de lire beaucoup pour cela), d'étudier les bases d'une bonne intrigue, d'une écriture acceptable, voire même les arcanes du fonctionnement du psychisme humain ; éventuellement d'aller faire un tour dans une université ou l'autre, cela ne peut vous faire que du bien.
Je reste soft dans ma réponse, mais sachez que les inepties et l'ignorance imposées comme un savoir ont un don particulier pour m'horripiler...

J'ajoute que je ne critique pas Marc Lévy d'une façon générale, puisque les autres livres que j'ai lus de lui, dont vous pourrez trouver les comptes-rendus ailleurs sur ce blog, sont parvenus à me distraire - bien qu'ils restent de la littérature de gare, ce qui somme toute est une forme de littérature comme une autre, à même de séduire sur le plan subjectif. Mais Vous revoir n'est pas parvenu à me plaire, car à mon sens il est dépourvu de l'unique qualité des ouvrages de cet auteur ; et c'est mon droit à part entière que de ne pas l'avoir apprécié.

PS : J'ajoute que je n'accepterai plus aucun commentaire contestant mon droit à avoir mon opinion et à me défendre quand je suis insultée, ou déformant mes propos, ou m'insultant d'une façon ou d'une autre ; et que tous les blogs qui ne respecteront pas cette règle alors qu'ils n'ont même pas lu le commentaire insultant qui m'avait été laissé, seront bloqués. D'une façon générale, le fait de ne pas être d'accord avec mes avis n'est pas, ne sera jamais une raison pour m'agresser sur le plan personnel, et le jour où je l'accepterai n'est pas près d'arriver. Ceux qui ne sont pas content peuvent fermer leur fenêtre.

Pour finir, le sujet de cet article est un roman, et non le message personnel.

Je remercie tous les autres de leur compréhension.


# Posté le dimanche 16 mars 2008 15:58

Modifié le jeudi 24 avril 2008 16:57

153- Le vieux qui lisait des romans d'amour *

153- Le vieux qui lisait des romans d'amour *
Amazonie. Nous découvrons El Idilio, bourgade de colons venus peupler cette région sauvage et vivre tant bien que mal avec les jungle toute proche. Nous découvrons Antonio José Bolivar, un vieil homme qui dévore les romans d'amour, mais surtout, un homme riche d'expérience, qui a vécu autant qu'on peut vivre, qui connaît la jungle, ses secrets, ses créatures, et les Shuars qui y vivent...

Le vieux qui lisait des romans d'amour
est... disons-le franchement, un roman tout à fait charmant, qui ouvre grand la porte à un monde sauvage et inconnu, non pas traité avec manichéisme ou crainte, mais tel qu'il est : différent, dangereux, mais beau, possédant ses propres clefs même si celles-ci peuvent dérouter les colons particulièrement chrétiens fraîchement descendus des montagnes. Les hommes, avec leur rudesse, leur côté à la fois sérieux et décontracté, bref leur manière d'être si différente de la nôtre, se révèlent charmants ou risibles lorsqu'on voit se confronter à leur harmonie avec la nature la grossièreté civile du maire d'El Idilio, un gros que tout le monde surnomme « la Limace » dans son dos.
Dans cet enfer paradisiaque qu'est la jungle des fourmis meurtrières et des grands jaguars, l'homme blanc et sa civilisation de chasseurs ignares apparaissent, non pas comme des monstres de cruauté, mais comme des éléments déplacés, inaptes à comprendre le monde dans lequel ils ont choisi d'évoluer... et c'est bien souvent les Shuars et les colons qui subissent les conséquences de leurs bêtises.
Le roman nous permet donc de visiter la jungle, mais s'attarde également sur Antonio Bolivar, ce vieux vétéran vu tour à tour comme un héros ou un fauteur de troubles désagréable, qui lit des romans d'amour tout en se montrant capable de percevoir la noblesse d'un duel en solitaire contre un fauve blessé et avide de vengeance...
Sans réellement prendre position, il nous donne l'aperçu d'une vie, et son côté naturel nous conduit à faire un voyage de l'intérieur des plus agréables. En tout cas j'ai beaucoup apprécié... (Rien à voir, mais j'aime bien la couverture française de cet éditeur... Y a pas de tigres en Amazonie, les tigres vivent en Asie =p).

Extrait

Les paroles du vieux soulevèrent des commentaires nerveux. Les hommes attendaient une réponse du maire. Après tout, il fallait bien que l'autorité serve à quelque chose.
Le gros ressentait cette attente comme une agression et faisait semblant de se concentrer en courbant sa nuque d'obèse sous le parapluie noir. La pluie redoubla soudain et les sacs de plastique qui couvraient les hommes leur collèrent au corps comme une seconde peau.
- L'animal est loin. Vous avez vu le cadavre ? Sans yeux et à moitié mangé par les bêtes. Ça ne s'est pas fait en une heure, ni même en cinq. Je ne vois pas de raison de faire dans vos pantalons, plastronna le maire.
- Peut-être bien. Mais ce qui est sûr aussi, c'est que le mort n'était pas raide et qu'il ne sentait pas, rétorqua le vieux.
Il n'en dit pas davantage et n'attendit pas la suite. Il fit demi-tour et s'en alla, en se demandant s'il allait manger les crabes frits ou bouillis.
Tout en rentrant chez lui, il put voir à travers les nappes d'eau la silhouette solitaire et obèse du maire sous son parapluie, comme un champignon énorme et sombre qui aurait soudain poussé sur les planches du quai.


Le vieux qui lisait des romans d'amour

Luis Sepúlveda
Métailié
Extrait pp. 70-71


# Posté le dimanche 16 mars 2008 15:57

152- Dix contes de magie **

152- Dix contes de magie **
Voilà un livre qui contient dix contes dans lesquels la magie occupe toujours une place centrale. Hum... Que dire ? Je crois que je laisse tomber la rédaction d'une véritable chronique pour passer au subjectif et parler de moi !
Je ne sais pas vous, mais pour ma part, j'adore les contes. Certes, ils contiennent des thèmes un peu répétitifs, axés autour du chiffre trois et contenant presque toujours l'intervention d'une « bonne fée », et puis ils finissent toujours bien ; mais dans les contes, tout est possible, même qu'un bateau se mette à voler, ou qu'une princesse ne rie jamais de toute sa vie, jusqu'à rencontrer l'homme qui lui est destiné. Les contes sont un genre tout à fait différent du fantastique ou de la fantasy, aucune barrière ne bride les événements, aussi paradoxalement parviennent-ils toujours à surprendre car ils contiennent leur propre charme, un charme inimitable qui leur est particulier et n'appartient définitivement qu'à eux.
Ils sont également riches de traditions d'antan, ils sont si nombreux qu'il est impossible de les reconnaître tous, et pourtant ils ont tellement voyagé de par le monde qu'on peut en retrouver de multiples versions au quatre coins du globe.
Je pense que des livres de ce genre ne doivent pas seulement être lus, mais dégustés en oubliant son âme rationnelle d'adulte, pour replonger dans des mondes où l'imagination ne connaît pas de limite. Je remercie l'auteur de m'avoir emmenée dans un univers que j'envisageais de retourner depuis déjà fort longtemps !

Extrait

- À la foire ? Pauvre ami, au train où vous allez, tous les maquignons seront partis lorsque vous arriverez. J'ai mieux à vous proposer.
- Dites toujours, ma foi !
- Faisons échange. Je vous donne ma marmite. Vous me donnez votre vache.
Embarrassé, le paysan se tourne vers l'animal comme s'il lui demandait son avis.
- C'est que, hésite-t-il, ma femme ne va pas être d'accord. Ce n'est pas une marmite qu'elle m'a demandé de rapporter, mais de l'or.
- Justement. Cette marmite vaut de l'or !
- Ah bon ! Et comment ça ?
- Impossible d'en parler, c'est un secret. Si la marmite découvre que je l'ai divulgué, c'est vous qui en pâtirez. Il faut la prendre sans discuter, en confiance, ou la laisser.


Dix contes de magie
Jacques Cassabois
Le livre de poche jeunesse
Extrait pp. 12-13


# Posté le dimanche 16 mars 2008 15:56