Ramsès, dont la place de Pharaon est désormais définitivement assurée, poursuit son règne sans épargner ses efforts pour faire face à tous les obstacles, et prendre soin de ses proches.
Alors que les trois premiers tomes s'attardaient sur sa jeunesse et les difficultés de son ascension, désormais plusieurs années s'écoulent, donnant au roman un rythme plus lent, sans que l'action ne paraisse en souffrir puisque entre les ères, les transitions ne sont pas toujours très bien marquées.
De plus, la multiplicité des intrigues, narrant aussi bien le point de vue des Hittites, divisés en querelles de succession, que celui de Moïse, de Chénar, d'Ofir, de Dolente ou d'Iset la Belle, sans oublier Khâ, le fils aîné de Ramsès doté de dons prodigieux, accordent au roman une véritable histoire dont chacune mérite l'attention.
Christian Jacq reste toujours aussi doué pour intégrer les éléments mythologiques à l'Histoire dont nous restent les traces écrites, réconciliant ainsi la légende et le souvenir. Son style s'axe toujours sur la coordination de passages longs ou courts, rapides ou concentré sur un dialogue ; de plus, il passe d'un personnage à l'autre avec la régularité d'un métronome sans en oublier aucun ; leurs psychologies et leurs buts diffèrent tant qu'on s'attache facilement même au plus vil d'entre eux.
Les fautes d'écritures sont rares, bien qu'existantes ; toutefois le travail exercé sur ce roman est tel qu'il est difficile de ne pas louer les efforts de son auteur.
Les intrigues restent passionnantes, cependant plusieurs trouvent leur conclusion dans ce tome. Gentiment, mais sûrement, la fin approche, gageons qu'elle sera à la hauteur de cette excellente saga.
Extrait
Sétaou fit découvrir à Khâ le laboratoire du temple d'Amon dont les murs étaient couverts de textes, révélant les secrets de fabrication des onguents rituels et des remèdes utilisés par les dieux pour soigner l'½il d'Horus, de sorte que le monde ne fût pas privé de lumière.
Khâ lisait les textes avec avidité et il gardait en mémoire un maximum de hiéroglyphes ; il eût aimé séjourner dans les sanctuaires afin de les étudier en détail. C'est grâce à ces signes porteurs de vie que se transmettait la sagesse des anciens.
- Ici se révèle la véritable magie, précisa Sétaou ; elle est l'arme que Dieu a donnée aux hommes pour détourner le malheur et ne pas subir la fatalité.
- Peut-on échapper à son destin ?
- Non, mais on peut le vivre en conscience ; n'est-ce pas repousser les coups du sort ? Si tu sais rendre magique le quotidien, tu disposeras d'une force qui te permettra de connaître les secrets du ciel et de la terre, du jour et de la nuit, des montagnes et du fleuve ; tu comprendras le langage des oiseaux et des poissons, tu renaîtras à l'aube en compagnie du soleil et tu verras la puissance divine planer sur les eaux.
- M'apprendras-tu les formules de connaissance ?
Ramsès – La dame d'Abou Simbel
Christian Jacq
Robert Laffont
Extrait pp. 166-167
